L'Académie de Minuit
 
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 Nouvelle d'un cabaret

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Taralia
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MessageSujet: Nouvelle d'un cabaret   Dim 14 Jan - 21:37

Une musique de jazz s’élève, une voix féminine aussi.
Les silhouettes montent sur scène. Ce sont des femmes. La musique se tait.

-Ooooow !

Les artistes poussent le cri ensemble et se placent sur l’estrade en prenant la pose. Leurs mines ont l’air blasées, fatiguées.
Et le son reprend. Les danseuses se déhanchent, les hommes sifflent. Vous êtes au Moulin Rouge.
Les jambes montrées fièrement, les filles de la nuit ne font qu’unes avec la musique, certaines reprennent le chant en cœur.
Des commentaires fusent.
« Celle-là j’me la ferais bien »
« Huumm, jamais vu des jambes pareilles »
Ainsi se passe la soirée au cabaret. Le barman s’évertue à garder la cadence, il verse milles cocktails tout en gardant le sourire. La musique change, la chorégraphie aussi. La voix toujours aussi entraînante.
Les danseuses claquent dans leur doigts, excitant les représentants de la gente masculine présents…
La musique continue toujours, un verre se brise par terre, un fou totalement ivre hurle « 7 ans de bonheur », certains rient, d’autres restent de marbre.
La sensuelle chanteuse regarde autour d’elle, les musiciens se déchaînent, les danseuses transpirent et les clients ricanent.
Il ne faut pas s’occuper de ses malotrus.
La musique, juste la musique.
Elle ferme les yeux, pour ne plus supporter ceux des autres sans doute.
Un regard s’est posé sur elle, la chanteuse le sent.
Incapable de dire si elle apprécie ou si elle est intimidée.
La chanson devient plus vif, elle sent toujours cette paire d’yeux sur sa personne.
La femme imagine le pire, un pervers en manque peut-être qui ne veut qu’assouvir ses pulsions, ou peut-être un proxène qui va l’embaucher de force…
Elle ose ouvrir les yeux. Le regard semble avoir fui. La petite chanteuse du Moulin Rouge en reste sans voix, de remords peut-être…
Mais elle se reprend, la mélodie se fait plus entraînante, il est l’heure pour les danseuses de changer de métier, beaucoup moins honorable celui-là…
Les sculpturales danseuses ne seront bientôt que de simples filles de joie, contraintes d’exercer cet emploi pour gagner leur misérable vie.
Vous êtes au Moulin Rouge.
Comme chaque soir, l’observatrice écrase une larme. Elle soutit brièvement et s’éclipse.
Les prostitués sont aussi sur le trottoir.
La chanteuse détourne le regard.
Elle chante a cappella un morceaux terriblement tendre et frotte ses bras couverts d’un long manteau.
Les chevaux des charrettes s’ébrouent, elle est surprise par ce bruit et soupire.
Ce soir, elle devait donner sa démission, tout arrêter. Mais elle n’a pas put, quand elle a croisé le regard d’une des danseuses, elle n’a pas put.
Lâchement elle a baissé les yeux et s’en est allée.
Maintenant elle pleurait, elle pleurait toutes les larmes de son corps, sans raison…
Elle était arrivé devant chez elle. Sa vie était bien intrigante pour son époque 21 ans et toujours pas mariée, n’habitant plus chez ses parents, elle vit seule, désésperement seule…
Elle monte les marches de l’escalier, fouille dans son sac et n’y trouve pas sa clef. Les larmes redoublent. Elle ne veut pas rester dehors, elle ne veut pas être prise pour une prostitué. Elle s’assit sur le palier, ses larmes sont des perles de rage.
Son maigre salaire ne pourra jamais payer le serrurier…
Pas la rue, par pitié pas la rue…
Elle essaye de calmer ses pleurs, tant bien que mal.
Un courant d’air s’engouffre en elle, elle a froid, elle frissonne.
Sans y faire attention, elle rêve que l’homme au mystérieux regard soit là, qu’il lui ouvre et qu’il la prenne dans ses bras pour la réchauffer.
Elle ferme doucement les yeux, elle entend des pas, la porte d’entrée s’entrouvre. Il est là son inconnu, il la prend par la main, l’emmène à l’intérieur de l’appartement et la sert contre son cœur et finit par l’embrasser. Elle ne voit pas son visage, elle sent juste sa peau terriblement douce.
Ce n’est qu’un rêve, un rêve qui l’accueille vers sa prochaine destination, là où elle pourra chanter à jamais…

_________________

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